Homo Politicus Interlopus

Contrebandes d’idées politiques

Dieudonné, Le sujet qui fâche Mercredi, 28 février 2007

Classé dans : , Bove — hpi21 @ 14:05

Je pense que tout le monde connaît l’histoire, l’humoriste Dieudonné, fait un sketch ou il compare les colons israéliens à des nazis. Il en suit un boycotte télévisuel (assez bien respecté) et de nombreuses plaintes pour propos antisémite à chacune de ses nouvelles déclarations. Jusqu’à aujourd’hui la justice l’a toujours innocenté (il reste un affaire en cours ). Récemment, après une visite choc à la fête du Front National (BBR), il est revenu dans les médias. Directement pour s’expliquer, ou indirectement dans les prises de positions à son égard. Voila les faits en raccourci, pour ceux qui ne connaissent pas les détails le résumer de wikipedia est assez bon. Finalement, il a déclaré soutenir J. Bové ce qui a jeté le trouble chez les alter-mondialistes.

Je vous propose de regarder cette interview et on en reparle après ;-)

D’abord, je voudrais dire que lorsque l’on a de bons journalistes, la télé peut être intéressante. J’ai noté qu’RFO relevait souvent le niveau.

Pour moi, qui est suivit l’affaire et qui ai essayé de comprendre, cette interview permet d’avoir un bonne idée de la position de Dieudonné. Certaines de ses déclarations et certains faits n’ont pas été rappelés (j’y reviendrais) mais l’essentiel est la et on peut essayer de le résumer.

  • Dieudonné, ne me semble pas communautariste. Quand on naît métisse c’est difficile de l’être. Alors pourquoi a-t-il fait tribune commune avec des extrémistes ultra-communautaires (l’ex tribu Ka par exemple) ?
  • Dieudonné ne me semble pas antisémite (anti-sioniste oui). Sinon, comment pourrait il être l’ami d’Élie Seymoun. Alors pourquoi a-t-il fait écho des déclarations du prix Nobel de la paix 2002 W.Maathai “le sida n’est pas une malédiction de Dieu contre les Africains ou le peuple noir” mais “un outil destiné à les contrôler conçu par certains scientifiques à l’esprit malfaisant, même s’il est possible que nous ne sachions pas qui. Ils ont les moyens de le faire” en sous-entendant que les ‘ils’ serait Israéliens?
  • Dieudonné, ne me semble pas d’extrême-droite. Il a raison de dire qu’on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis. Alors pourquoi est il l’ami d’A. Soral nouveau membre de l’équipe de campagne de J.M. Lepen ?
  • Dieudonné me semble être contre l’utilisation de la Mémoire comme instrument politique. Alors pourquoi met il en conflit les Mémoires ?

On a l’impression d’avoir affaire à un schizophrène. Je pense que Dieudonné est sincère dans ses convictions ‘positives’, que je partage mais qu’il est malade, au sens clinique du terme. Quand on fait le tour du web, on retrouve souvent le terme ‘paranoïaque’ pour qualifier Dieudonné, dans la bouche de ses amis (J.Debouze, E.Seymoun, etc…) comme de ses ennemis.

Le mal est la. Dieudonné souffre d’un début de paranoïa. Lorsque l’on regarde les événements marquant de sa vie, on y trouve de nombreux facteurs qui ont pu contribuer à cette maladie. “Le refus de financement de son projet de film”, “sa mise à l’écart de la sphère médiatique”, “son tabassage en Martinique”, etc … Et évidement, le fait de côtoyer des personnes encore plus paranoïaques que lui n’arrange pas les choses.
Ce que je vois dans l’hebdo de RFO, c’est un Dieudonné écouté par des gens normaux, attentifs et donc un Dieudonné plus ’sain’. Depuis son retour dans le média, il a une raison de moins d’être paranoïaque et ça doit lui permettre de prendre de la distance avec ses ‘amis’ fascistes. Ca me parait positif, ça veut dire qu’il reste de l’espoir, que si on cesse de le diaboliser, il redeviendra le Dieudonné qui nous a fait tant rire. J’espère que Bové le recevra (s’il ne l’a pas déjà fait).

Un petit sketch pour la route.

 

Lien social et Don de soi Lundi, 26 février 2007

Classé dans : Personel, Philosophie — hpi21 @ 12:20

Après quelques jours, voila ma contribution au débat sur la charité qui s’est engagé dans les commentaires de mon billet de vendredi dernier ‘Penser global, Agir local’.

Le premier constat que je ferai, c’est que la société occidentale est celle ou l’exclusion est la plus développée. De plus en plus de personnes se sentent en dehors du monde ‘normal’ car le monde ‘normal’ ne fait pas de place aux faibles. Ses valeurs sont la compétitivité, la puissance et la gloire, (les attentifs auront reconnu, ce sont bien les paroles du générique de Dinasty) et le critère de classement est la fortune, l’Avoir. La consommation est le seul mode vie que l’on nous propose et celui qui ne peut pas consommer est méprisé. Les pauvres se sentent donc exclus et souffrent.

Une solution s’offrant à l’âme généreuse qui est touchée par leur souffrance est de les aider financièrement afin qu’ils puissent revenir dans la société de l’Avoir et ne plus souffrir de l’exclusion.

Une autre est de remettre en question cette société de l’Avoir. D’intégrer à la société des gens qui n’ont pas ou qui ne veulent pas avoir (il reste quelques “Clochards célestes“). Concrètement, je pense que les exclus ont plus besoin de lien social (de respect, d’amour) que de charité (l’argent ne répond pas comme disait Roger et les sages africains).

Il est évidement difficile de s’arrêter pour parler avec un mendiant (surtout si on en croise 10 par jour), de lui donner l’occasion de dire comment il est arrivé la, de prendre le risque de se faire engueuler, de prendre le risque de la compassion (souffrir avec lui). Faire comprendre qu’il n’y a pas de honte à être pauvre (à ne pas avoir le dernier portable), que demander de l’aide c’est donner la possibilité à quelqu’un de chanceux (comme moi) d’aider. Voila ma méthode.

Le moteur de l’aide est cette force qui unie tous les êtres. L’empathie, la compassion, la conscience, on l’appellera comme on voudra. Je connais mes faiblesses, je sais que si je donne de l’argent, j’aurai ‘bonne conscience’ (comme disait Anne) et que je serais moins actif dans mon combat pour repousser les frontières exigus de la société de l’Avoir. Voila pour je pense que c’est trop facile de faire un don d’argent, j’essaye de faire un don de moi.

Ne prenez surtout pas ce billet pour un sermon. Je ne me sens aucunement ‘meilleur’ que les autres. C’est juste un chemin que je pense plus cohérent avec mes objectifs et qui en plus est beaucoup plus gratifiant (je le sais par expérience). Le lien social n’est pas à sens unique, on reçoit souvent beaucoup plus que l’on ne donne :-) .

Une dernière chose que je pense importante (et qui me semple expliquer la mésaventure de Roger). Les exclus sont en souffrance moral et physique, le lien social brisé entraîne ce que les psychiatres appel un état dépressif. Lorsque l’on veut renouer le lien, il faut en tenir compte. Dire à un dépressif, ‘bouge toi, mon vieux, la vie n’est pas si dure les autres y arrivent bien‘ ne fait que renforcer le mal. Je vous laisse lire les conseils le plus courants donnes par les médecins quant à l’attitude a tenir.

 

De Bordeaux au Métro Charrone en passant par le Pont Saint Michel Dimanche, 25 février 2007

Classé dans : , Histoire — hpi21 @ 6:29

M. Papon est mort. Il est mort libre avec sa croix de commandeur de la légion d’honneur et à 97 ans, je ne le plaindrais donc pas.

Mon objectif du jour est de rendre utile à la société cet homme qui ne l’a pas beaucoup été pendant sa triste vie. Il est un très bon exemple à ne pas suivre. A ce titre une analyse de sa vie pourrait permettre de comprendre les erreurs qu’il a faites et ainsi éviter de les refaire. “L’enterrement des vérités est la cause des calamités” et on voit malheureusement trop de nouveaux Papons de nos jours (gérer les prisons Irakiennes par exemple).

Méfions nous des arrivistes. Socialiste sous le front populaire, pétiniste sous Pétain, Gaulliste sous DeGaulle, Papon n’avait pas trop de vergogne. Je dirais que son goût du pouvoir primait sur le reste.

Méfions nous des serviteurs zèlés. Une fois sous-préfet de la Gironde, M. Papon veut monter en grade et pour ce faire anticipe les ordres de l’occupant nazi et se montre très efficace pour envoyer des gens vers la mort.

Coup de chance (je n’ai la courage de revenir dessus lisez sa biographie), M.Papon garde son poste puis passe préfet (des Landes, de Corse et de Constantine). Puis devant sa grande aptitude à réprimer, on l’envoi mater les marocains et les algériens. De retour à Paris, comme préfet de police il n’oublie pas de se faire des amis haut placés. Ce qui lui permettra de rester en poste lors du passage de la IViem république à la Viem (1958).

Tout puissant à Paris et fort du soutien de ses amis (je voulais pas citer DeGaulle et puis si quand même … ), il va continuer son oeuvre.

En supervisant, le massacre d’algériens par la police le 17 octobre 1961 sur le pont Saint Michel, puis celui de français ‘communistes’ le 8 février 1962 au métro Charonne . On peut dire qu’il était éclectique dans sa haine peureuse: les juifs, les musulmans, les communistes, tout le monde y est passé.

Méfions nous des lâches. Tant qu’il pouvait massacrer sans risque, il le faisait et il a toujours trouver des “protecteurs” encore plus lâches que lui qui étaient très content de le voir faire leur “sale” boulot. Pendant la guerre de 1914, il s’était fait porter pale (ça devait être plus risqué que de donner l’ordre de tuer des enfants) et une fois en prison il a recommencé.

Bref évitons d’être comme Papon. Je me demande comment il est possible de ne pas avoir de regrets après une vie pareille (comme il l’a écrit dans sa lettre posthume). Ca défie ma croyance en l’humanité. Je ne vois que deux solutions. Ou sa lettre n’était pas sincère ou le fait de toujours trouver des gens pour le soutenir lui a permis de continuer à se sentir humain. En d’autre termes, l’effet de groupe lui a permis de ne pas se rendre compte de l’horreur de ses actes.

Je termine par une pensée envers tout ceux qui ont la légion d’honneur et qui pensent qu’ils doivent en être fier. Ils me font de la peine.

 

Discriminer pour moins discriminer ? Vendredi, 23 février 2007

Classé dans : , Idees interlopes, Sarkozy, USA — hpi21 @ 13:07

Suivant la route américaine, la société française avance vers le communautarisme. Devant l’augmentation de la misère sociale, les individus se protègent en se refermant sur leur clan. Le népotisme familiale occasionnel (qui n’a pas profité du petit piston paternel ? ) devient la règle et se change en discrimination. On glisse facilement de l’un à l’autre sans même s’en apercevoir :-( .

Aux USA, pays du communautarisme, pour éviter les discriminations, les américains utilisent l’Affirmative Action, terme positiviste pour nommer la discrimination positive. En France, de plus en plus de gens proposent de suivre l’exemple américain. Méfions nous des raccourcis. La discrimination positive est inefficace, anti-républicaine et surtout absurde.

  • Avec le recul, les USA se rendent compte que les bons cotés de l’Affirmative Action peuvent être dépassés par ses mauvais (ici). Le système a créé “un phénomène de stigmatisation supplémentaire à l’égard des bénéficiaires de ces programmes en accréditant l’idée que sans ces programmes ces individus n’auraient pas les qualifications pour accéder à ces postes“. Il a également renforcée les tensions inter et infra communautaires. Entre les noirs américains et les noirs africains par exemple. Les premiers reprochant aux seconds de leur piquer leur quotas.
  • La République est Une et indivisible. Commencer à la diviser en catégories, même pour mieux l’unifier, est dangereux. Il ne faut pas confondre ‘la discrimination positive et la politique de la reconnaissance‘. Le débat sur les statistiques “ethniques” est un avatar de cette question. Le texte de “l’engagement républicain contre les discriminations” (pétition contre le fichage ethnique) pose très bien le problème.
  • Absurdissime. Une discrimination, même positive, est une discrimination. Comment combattre le racisme en jugeant les gens sur leur ‘race’ (cf. page interlope sur le racisme). Un seul exemple, tiré de mon expérience américaine. Prise de rendez-vous pour mon fils à l’hôpital et formulaire de ce type à remplir par téléphone. Race ? D’abord choqué, je me dis que la pauvre standardiste, n’y ai pour rien et que lui faire un discours sur l’absurdité de son questionnaire serait malvenu. Je réfléchis donc et puis me lancait. “it is a little bit complicated … I am french (Je n’ai pas osé parler de mon probable ancêtre arabe) and my wife too, but she is from the french west Indies and you know she has native american, african, european and probably indian blood and she speaks spanish. For our baby, I guess you could check the line you prefer“. Je ne sais pas ce qu’elle a coché mais peut être qu’elle aura saisi l’absurdité de son formulaire, si elle avait eu une case ‘French’ ça aurait été plus simple ;-) .

Comme souvent (cf. ce billet ) l’incohérence du système -l’opposition entre le chemin et l’objectif- est pour moi le signe que c’est un système voué à l’échec.

 

Penser Global, Agir Local Jeudi, 22 février 2007

Classé dans : Bove, Ellul, Livres, Philosophie, Technique, ecologie — hpi21 @ 11:21

Le récent commentaire de Mathilde sonne très juste.
On arrive au même conclusion que les ‘grands’ philosophes si on réfléchit un peu:-) En plus même avec des journée de 48h on n’aurait pas le temps de tout lire …

Je n’ai pas lu tout Kant, et même si je l’avais lu je n’aurais retenu que ce qui m’intéresse. D’un autre coté, on n’invente rarement et ce serait bête de ne pas profiter des réflexions des autres pour aller plus loin. D’ailleurs, c’est comme ça que je fais mon boulot de chercheur et que j’écris ce blog. Je réfléchis à une question soulevée par l’actualité,une fois que je me suis fait un avis, je fais des recherches pour voir si personne n’avait eu le même avis avant. C’est toujours le cas ;-) . En même temps que les arguments (auxquels je n’avais pas pensés) soutenant mon intuition, je prends connaissances des arguments opposés (avec le web c’est très pratique). Je re-réfléchis sur la base de mes nouvelles découvertes et finalement, j’écris mon billet. Et je suis heureux car je me couche moins bête que la veille :-) . Parfois quelques temps après j’amende car je suis tombé sur un nouvel argument ou j’ai re-interprèté une ancienne idée.

Une démonstration de la méthode avec un exemple tiré du même commentaire (décidément très riche) de Mathilde ;-)

C’est bien d’être dans les étoiles, mais je pense que l’Homme est fait pour vivre dans un milieu (de taille humaine, c’est à dire pas trop grand) et qu’il doit faire le bien autour de soi, à son échelle, à son rythme, et c’est pas donné à tout le monde, c’est pour ça qu’il faut s’entraider.” Voila une conclusion Mathildiene très judicieuse. J’ai cherché (déformation professionnelle ;-) ) qui avait bien pu dire ça avant elle et je suis tombé sur J.Ellul qui disait qu’il faut ‘agir local‘. Il rajoutait également qu’il faut ‘penser global‘ pour que l’action locale soit efficace. Cette formule met je pense tout le monde d’accord (en tous cas Mathilde et moi ;-) ).

En passant, j’ai refait la connaissance des autres idées du sympathique J. Ellul (j’en avais entendu parler il y a quelques années), qui sont fort intéressantes. En plus d’être le premier à avoir fait une critique constructive du ‘progrès technique’, c’était un apôtre de la non-puissance qui disait ‘aux anarchistes d’être chrétiens et aux chrétiens d’être anarchistes;-) . Il fut aussi un des pères de l’écologie politique.

Pour ceux que ça intéresse D. Mermet avait fait une émission radio à l’occasion de la sortie du livre ‘Jacques Ellul: l’homme qui avait (presque) tout prévu‘ en 2003. Je termine en disant que J.Bové qui a repris à son compte la formule du titre est un des disciples du nommé Ellul.