Faut-il ajouter du bruit à la cacophonie, faut-il parler des gens qui disent tout et n’importe quoi pour faire parler d’eux ? Non. Non et non E.Z. ne vaut pas la peine que l’on perde son temps à parler de lui.
Alors pourquoi vais-je rebondir sur la dernière boutade de l’archétype de l’intellectuel télévisuel ? Parce que c’est l’occasion de se débarrasser du bruit que fait Mr Z. à la télé depuis quelque temps et de revenir sur un sujet qui me tient à coeur.
Pour ceux qui ne sont pas au courant voila le résumé de l’affaire :
Au cours d’une émission d’Arte (pas très bonne d’ailleurs, enfin à mon gout ), `Paris-Berlin` Eric Z (je ne citerai plus son nom, une fois dans le titre ça suffit) a fait part de son sentiment sur son appartenance à la race blanche en opposition à la race noire de son interlocutrice (R. Diallo) Ci-dessous, l’émission in extenso (après montage quand même).
Cet énoncé pas très étonnant (il se définie lui-même comme conservateur ) de la part Mr Z. a déclenché de nombreuses réactions (en plus de celle d’ACRIMED, vous pouvez lire la tribune de A. Jacqueline sur Rue89), dont celle, par effet boule de neige, de la chaine France O.
Mr Z. étant éditorialiste dans l’émission ‘l’hebdo’ sur cette chaine (il est éditorialiste partout de toute façon …), et vu le public qu’elle cible, on comprend leur besoin de se justifier. Vous pouvez visionner ci-dessous l’émission ‘tentative de justification’ mal tournée (à mon avis). En particulier car, malgré les intentions affichées de ne faire de cette émission ‘ni un tribunal, ni une tribune’, la tribune est belle et bien prise par Mr Z. (comme d’habitude).
Personnellement, je n’aime pas la Télé mais France O était une des chaines les moins pires du PAF et ça me fait de la peine de les voir dans cet état. Alors, je vais leur donner ma solution pour sortir de l’ornière.
Mr Z. et ceux qui pensent que les races existent, que la preuve en est que le mot race existe et que le dire n’implique pas le racisme, ne peuvent pas aller bien loin.
En deux mots et un court raisonnement par l’absurde.
Admettons que la race blanche et la race noire existent (en acceptant comme définition de la race celle-ci: Groupement naturel d’êtres humains, actuels ou fossiles, qui présentent un ensemble de caractères physiques communs héréditaires, indépendamment de leurs langues et nationalités); quelle est la race du fils d’un homme de race noire et d’une femme de race blanche ? Si on opte pour l’une des deux races, on suppose forcément une hiérarchie entre elles et donc on est raciste; si on opte pour la création d’une nouvelle race ‘métissée’ (chabins, mulâtre, etc…), on voit bien que l’on va vite se retrouver avec autant de races que d’individus…
Conclusion, au risque de me répéter :
- les races n’existent pas dans l’espèce humaine et donc le mot n’a aucun intérêt et peut être oublié. Pour ceux qui aiment bien ce mot, ils peuvent toujours s’en servir quand ils parlent des animaux domestiques rigoureusement sélectionnés pour être de races différentes (à noter au passage que l’origine des mots mulâtre, chabins, etc se trouve dans le vocabulaire animalier). Bien sur il y a des hommes noirs et des hommes blancs mais leur différence est simplement une différence de couleur. Le mot couleur est très précis, pourquoi ne pas l’utiliser? En plus, ça parait évident que le critère couleur n’est pas un critère sur lequel on peut fonder une hiérarchie alors que derrière le vaseux terme “race” peut se cacher n’importe quoi (et surtout les pires fantasmes).
- perdre son temps à discuter avec E.Z. est inutile. Lui-même sait bien que son discours ne tient pas debout et lui donner une tribune de plus ne sert qu’à augmenter le bruit.
- Pour ceux qui essayent de faire des comparaisons avec les USA, n’oubliez pas que la définition étasunienne du mot race n’est pas la même que celle que nous en avons. La race aux USA est définie par la discrimination. Si les gens avec un long nez se regroupent et prouvent qu’ils subissent des discriminations, la ligne long-nose sera ajoutée à la liste des races possibles sur les questionnaires #statistiques#. Cette approche explique par exemple pourquoi, pour un américain, Obama est noir et pas métis.
Et pour conclure, au choix cornélien que propose Mr Z. entre l’assimilationisme xénophobe (peureux) à la papa et le communautarisme raciste (et peureux) à la mode aux US, je pense que je vais ‘prendre la solution numéro trois’. Cette solution est individuelle et vous devrez réfléchir pour trouver la votre, mais le principe de base est très simple : ‘la peur n’arrête pas le danger’.
Un dernier conseil pour les curieux qui veulent encore mieux comprendre la post-négritude. Lisez ‘Peau noire, masques blancs de F. Fanon. ‘Le Nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc‘
A bon entendeur, salut