Homo Politicus Interlopus

Contrebandes d’idées politiques

Le nouvel Antillais va-t-il bientôt naître ? Lundi, 16 février 2009

Classé dans : Antilles, Cesaire, Liberte, Nietzsche, Philosophie, Poesie, Politique — hpi21 @ 17:19

Il y a un peu plus d’un siècle, F. Nietzsche espérait l’arrivée du sur-humain et A. Hitler est venu. Marx prédisait le nouvel homme et J. Staline est venu. Aujourd’hui, le cynisme a gagné et toute tentative utopique se voit renvoyé les exemples précités. Faut-il désespérer ?

En un sens, espérer un avenir radieux pour l’humanité semble effectivement idiot. Malgré l’immense pouvoir qu’ils ont, les hommes semblent aller directement dans le mur. Les exemples de l’absurdité humaine sont tellement nombreux qu’on ne sait même plus par lequel commencer (pollution, gaspillage, guerre, massacre, loftstory, etc… ).

Mais, malgré tout espoir il y a, car simplement nous n’avons pas le choix.

Je viens de lire le manifeste de quelques poètes créoles, qui appellent le surhumain à sortir par la petite porte (on notera au passage que certains journaliste l’ont déjà intitulé manifeste pour la révolte). A sortir par là ou il peut, à ne pas attendre que s’ouvrent les grilles principales.

En lisant leur espoir, j’ai comme un résonance. Il est peu probable que la maturité nécessaire à ‘vivre la vie, et sa propre vie, dans l’élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant‘ émergent tout à coup, Césaire l’a attendue jusqu’à sa mort, mais l’improbable arrive parfois.

Et que l’improbable surgissent d’un petit bout de terre peuplés d’esclaves parait tellement énorme que finalement ça ne me semble plus étonnant du tout.  Lorsque l’on est sortie d’un esclavage, on est mieux armé pour sortir d’un autre.

Il y 10 ans, dans un de ses bouquins (Solibo Magnifique), P. Chamoiseau (un des auteurs du manifeste et prix Goncourt 1992) finissait la description d’un de ses personnages (l’inspecteur Pilon de fort de France) par ces mots : ‘Final, il vit comme nous tous, à deux vitesses, sans trop savoir s’il faut freiner dans le morne ou accélérer dans la descente”.

Le frein à commencer à lâcher au USA, il chauffe aux Antilles et grince en France. Profitons -z-en :-)

 

Quelques mots sur l’avenir du monde ( et accessoirement de la recherche française) Jeudi, 5 février 2009

Classé dans : Pécresse, Sarkozy, Science — hpi21 @ 12:18

La France universitaire est en grève ou plutôt en lutte.

Et pourquoi donc ? Il semblerait qu’une goutte d’eau ait  fait déborder le vase.

D’abord apprécions la goutte d’eau

Ici, n’est pas le lieux pour revenir sur toutes les inepties proposées par Mme Pécresse. Mr Fert (Prix Nobel 2008 ) et ses collègues l’ont très bien fait dans leur tribune du 29 janvier. Je veux juste profiter de l’occasion pour demander des excuses publiques à Mr Sarkozy et faire une ou deux remarques qui devraient enfoncer un peu plus le clou.

Le problème posé par Mr Sarkozy et consœurs au monde scientifique est à mon avis double.

D’abord, il est idéologique. L’idée inébranlable de Mr Sarkozy est  que la compétition est le moteur du progrès. Que ça marche pour les coureurs de 100 mètres et que ça marche pour les chercheurs. Il se trompe (pour changer ;-) ). Le fait est que les avancées scientifiques se font grâce à la collaboration et que l’émulation positive que peut générer l’esprit de compétition est largement compensé par ses conséquences négatives  (falsification de résultats, rétention d’information, etc…). A titre d’exemple, J. Stiglitz (Prix Nobel 2002) a montré qu’en matière pharmaceutique la brevetisation allait contre le développement de nouveaux traitements.

Ensuite, il est idéologique. L’idée inébranlable de Mr Sarkozy est que la recherche doit être financée par les entreprises. Que les entreprises sont dans un temps compatible avec celui de la recherche fondamentale. Il se trompe. L’échelle de temps de la recherche n’est pas de l’ordre de 2 à 3 ans, ni même de 10 à 20 ans. Un résultat n’est pas planifiable. Comme disait A. Grothendieck, ‘il tombe de l’arbre comme tombe un fruit mûr‘. Les pays mieux classés (selon les critères de Mr Sarkozy)  l’ont bien compris et ils financent leur système de recherche en conséquence. Ils ne se contentent pas des beaux discours plein de promesses.

Comme le notait récemment 2 rapports (2008 Innovation Scoreboard and 2008 Science, Technology and Competitiveness),  l’intensité de la recherche européenne (et en particulier française) n’atteindra certainement pas les 3% du PIB en 2010 comme promis par J. Chirac en 2002. Nous avons d’ailleurs reculé depuis (de 2,26% à moins de 2% ) alors que dans le même temps le Japon passait de 3.04% à 3.39%  et la Chine de 0.90% à 1.42%.

J’ai l’impression de me répéter (voir ici et la ). Le problème est d’abord budgétaire.  Plus il y aura de chercheurs, plus on aura de chances de trouver quelque chose. En plus, le chercheur français coute bien moins cher (en terme de salaire) que ses collègues étrangers et est tout aussi compétant.

Bref, Vive la grève et la pétition internationale ! Y’a pas d’autre solution !