La méritocratie est comme son nom l’indique un système politique ou le pouvoir (Kratos) est au main de ceux qui le méritent. En démocratie, le pouvoir est censé être celui du peuple, sans distinction entre ses membres (un homme=une voix).
L’idée de méritocratie en France arrive avec Bonaparte. Afin d’asseoir son pouvoir et de faire ‘marcher’ le pays, le nabot Léon (Et oui, je n’aime pas trop les dictateurs :-/ ) avait besoin d’une nouvelle élite car l’ancienne élite aristocratique (ayant le pouvoir de naissance) n’était pas prête à travailler avec lui.
Sa solution fut de récupérer les Écoles fraîchement crées pour extraire du peuple et former cette nouvelle élite militaire (Polytechnique (l’X pour les intimes), ‘Pour la patrie, les sciences et la GLOIRE‘) et éducative (ENS (Normale Sup.) ). Un simple coup d’oeil à l’origine scolaire des dirigeants actuels de l’armée comme de la Recherche française, montre que cette solution a bien fonctionné. Les écoles sont toujours la et les élites en sortent.
Dans le principe donc la méritocratie est démocratique, les élites sont issues du peuple et les plus aptes à faire marcher le pays. La question est de savoir si à l’heure actuelle, les élites sont toujours issues du peuple et si avec le temps une nouvelle aristocratie ne s’est pas constituée.
Cette étude sociologique fut l’un des thèmes de recherche de P. Bourdieu (lui-même membre de l’élite) . Les conclusions de son analyse, peuvent être résumé ainsi. Pour que la méritocratie reste démocratique, il faut que l’égalité des chances soit présente. Or celle-ci n’est pas à l’oeuvre. En introduisant les notions de capitaux économique, social, culturel et symbolique il a montré (statistiques à l’appui) que ceux qui possédaient ces capitaux étaient avantagés de fait (a lire: une analyse de ses travaux dans Sciences Humaines).
Poussé à l’extrême ce raisonnement revient à nier la Liberté. Le déterminisme entraînant la fatalité. P. Bourdieu a passé sa vie à répondre à cette caricature, ou à ne pas répondre d’ailleurs (quand il pensait à juste titre que ses interlocuteurs étaient de mauvaise foi) (A voir: le docu de P. Carles ‘la sociologie est un sport de combat, 2001′).
Ici, on voit le lien avec le débat inné/acquis. Mais dans notre cas, cela me semble un faux débat . Pour décrire mon point de vue, je vais utiliser la méthode de la parabole.
Commençons par l’histoire de ces deux garçons qui voulaient traverser un ravin.
Dans cette tribu la tradition était qu’une fois le Chef mort, il était remplacé par le meilleur des jeunes de 20 ans. Or cette fois la, à la mort du chef les jeunes de 20 ans n’étaient que 2. Ils s’appelaient Demos et Aristos. Demos était le fils du cordonnier et Aristos celui de l’ancien chef. Qu’un chef meurt l’année des 20 ans de son fils n’avait pas ému grand monde même si certaines mauvaises langues avait fait remarquer que si le jeune Aristos devenait Chef, cela reviendrait à revenir à l’ancienne coutume décriée par tous.
Ainsi quelques jours après la mort du chef un ministre vint prévenir Demos qu’il était susceptible de devenir chef et que l’épreuve aurait lieu la semaine suivante. Demos, passa la nuit à rêver de ce qu’il ferait une fois chef. Sa confiance était grande car il avait toujours été le meilleur élève de sa classe, excellait au travail manuel (comme son père cordonnier) et n’avait pas son pareille pour faire des discours. Et surtout, il ne connaissait pas d’autres garçons de 20 ans dans le village. Le lendemain, après sa journée de travail, il commença à se renseigner. Pour pouvoir s’entraîner en conséquences, il devait savoir quelle serait l’épreuve. A minuit, il rentra se coucher serein. En plus de lui avoir expliqué que le contenu de l’épreuve avait été décidée par l’ancien chef et ses ministres et ne serait dévoilée que le jour même du test. Le vieux boulanger, lui avait racontée que la précédente épreuve avait consisté en un concours de tir à l’arc et que le vainqueur, le fils du meunier avait battu en final le fils du précédent chef. Ce dernier, aujourd’hui capitaine des archers, pestait encore contre la rafale de vent qui avait dévié sa flèche ce jour-la.
Pendant ce temps, Aristos lui pleurait la mort de son père et se réconfortait en pensant qu’il continuerait l’oeuvre paternel et serait un digne successeur du “laborieux meunier qui était devenu chef” comme cela était écrit dans la biographie officielle.
Le jour de l’épreuve finalement arriva. Le futur chef serait celui qui traverserait le premier la large ravin qui longeait le village. Demos après un bref temps de surprise à la vue d’Aristos qu’il n’avait jamais vu auparavant, lui qui croyait connaître tout le village, commença à sourire. Il avait de la chance, la traversée du ravin était un des jeux favori du jeune homme, il l’avait faite maintes fois, marchant en équilibre sur une corde pour impressionner les filles. Ravi, il rentra vite chez lui chercher son grappin.
A son retour, quelques minutes plus tard, il s’aperçut que les villageois venus voir l’épreuve s’étaient rassembles un peu plus loin la ou le ravin était un peu moins large. Demos savait que le ravin était moins large la-bas mais les berges étaient rocheuses, point d’arbres ou accrocher une corde. Ce n’était pas le bon endroit pour traverser, pourquoi l’autre garçon avait il choisi ce lieu ?
Sur de lui, il lança sa corde et commença son numéro de funambule. Ce n’est qu’au milieu du gué qu’il commença à voir ce qui avait attire les spectateurs. Un petit pont suspendu traversait le gouffre. Il était compose de quatre câbles d’acier tendus entre des rivets solidement ancres dans les rochers qui bordait le ravin à cet endroit. Le deux câbles inférieurs supportaient des planches de bois et les deux supérieurs recouverts de cuir jouaient le rôle de parapet.
Arrivant satisfait sur l’autre rive, pour y cueillir son titre de chef, Aristos pensait qu’il avait bien fait de s’entraîner à marcher sur le pont suspendu du jardin du palais. Sans ça, la forte bourrasque de vent qu’il venait de subir l’aurait certainement fait tomber. Ses efforts étaient récompensés, il l’avait bien mérité.
En mettant le pied sur le sol, quelques secondes plus tard, Demos regarda le vieux boulanger qui l’attendait et la phrase énigmatique que celui-ci lui avait dite la semaine précédente lui revint à l’esprit “Les Hommes n’ont que ce qu’ils méritent, mais le Mérite est plus facile pour certains que pour d’autres “
J’en ai une seconde, un peu plus courte
mais je n’ai pas de titre alors si vous avez des propositions n’hésitez pas
Sur la planète Bicouches, le Monde était divisé en deux couches. Une couche d’eau et une couche de vapeur d’eau, de nuages si vous préférez
. Dans la couche du bas, les pieds dans l’eau vivaient l’essentiel des habitants de la planète. C’était humide et froid car les nuages cachaient le soleil et ceux qui n’avaient ni bottes ni manteaux ne vivaient pas très vieux.
Dans la couche d’en haut, vivait ceux qui y étaient nés et n’étaient pas tombé. Car on a vite fait de tomber d’un nuage, si on ne fait pas attention. C’était sympa de vivre sur les nuages, on avait droit à la douce chaleur du Soleil toute la journée. Leur nombre était contrôlé par la nature même des nuages. Dans le passé, certains nuages trop chargés étaient tombé et leur passagers vivaient maintenant les pieds dans l’eau. Certains nuages trop légers s’étaient quant à eux élevés pour finir par s’évaporer en arrivant trop près du Soleil. Leurs passagers avaient eux aussi fini les pieds dans l’eau.
Les habitants des nuages, qui ne voulaient pas vivre les pieds dans l’eau, mirent donc au point une technique pour garder leurs nuages à la bonne altitude. Quand un nuage devenait trop lourd, souvent le moins attentif glissait. Quand il devenait trop léger, on lançait une corde et on accueillait sur le nuage le premier ‘pied mouillé‘ qui arrivait à grimper jusqu’en haut.
Dans les deux couches, quelques rares individus se demandaient si une planète à une seule couche ne seraient pas plus vivable. Ses “pieds secs” singuliers s’ennuyaient un peu parqués sur leur petit nuage, à voir toujours les mêmes têtes et étaient curieux de savoir l’effet que ça fait de nager un peu. Ses ‘pieds mouillés’ (qui souvent avaient des bottes) se disaient que sans nuages, la vie dans l’eau serait peut être meilleur. Le Soleil réchaufferait l’eau, on pourrait changer les manteaux contre des bottes qu’on donnerait à ceux qui supportent le moins l’humidité et tout le monde vivraient plus vieux.
Mais ceux-la n’étaient pas légion. Presque tous les ‘pieds mouillés‘ vivait la tête en l’air pour ne pas manquer la corde qui descendrait un jour des nuages et presque tous les “pieds secs” vivaient les yeux rivés sur l’écran qui indiquait le poids de leur nuage. Les individus décrits plus haut étaient qualifiés d’illuminés.
Parfois la corde tombait sur un “pied mouillé ” illuminé qui au lieu de se dépêcher de grimper à la corde, appelait du renfort pour tirer le nuage vers le sol. Ca dégagerait un peu de ciel bleu pensait-il. Le “pied sec” attentif coupait la corde et allait en jeter une autre plus loin.
On raconte qu’une fois le hasard voulu qu’a chaque bout de la corde se trouve un illuminé. Celui d’en haut ne coupa pas la corde et le nuage commença à descendre vers la mer sous le poids des “pieds mouillés” de plus en plus nombreux. Il n’était plus qu’a quelques mètres du sol quand les habitants des autres nuages décidèrent de le sauver. Des cordes furent lancées vers le nuage en perdition. Celui-ci arrêta de descendre mais le nombre de pieds mouilles tirant sur la corde augmentait en même temps que le nombre de nuages arrimés. On se rapprochait du moment ou tous les nuages seraient attaches ensemble et donc relies au sol. La réserve de bras des “pieds-mouillés” semblait elle sans fin. Sur les Nuages, certains commençaient à se dire qu’il faudrait mieux couper leur corde, que sacrifier un ou plusieurs nuages valait mieux que de tous les voir disparaître. Sur le sol, on rêvait de voir enfin le Soleil.
Et puis,
fatigué d’avoir tiré sur la corde depuis le début, l’illuminé mouillé laissa confiant la place à son premier suiveur. Celui-ci après avoir jeté un dernier regard à la couche ou il était né, sortit un couteau de sa poche, coupa la corde derrière lui et se laissa emporter par le nuage qui regagnait sa place au firmament.
Je vous laisse le soin d’en tirer un morale.